WOLKOF est le nom choisi et donné par Michael Bigler pour ses créations. Ce nom WOLKOF vient de son arrière-grand-mère Maroussia Glaser-Kupsc née Wolkoff. Michael WOLKOF est une signature artistique, la signature de créations libres et personnelles de Michael Bigler.
Je crois qu’être artiste créateur, c’est être quelqu’un porté par une sensibilité. C’est quelqu’un qui sent tout et qui voit la vie un peu en transparence. Être artiste créateur, c’est exprimer et révéler ce qui existe. Contrairement à l’artisan, qui cherche la perfection, l’artiste va chercher l’émotion en faisant des erreurs. C’est le droit à l’erreur qui fait l’artiste. Le talent ce n’est pas important, ce qui est important, c’est d’avoir envie de faire quelque chose. Faire comme on le sent et de mettre de l’esprit dans les créations. En art, il ne faut pas réfléchir, il faut faire. Il faut aller voir. Le risque est immense, mais c’est infiniment plus important que de ne rien faire.
Le beau restera une notion très subjective, car il repose sur trois facteurs principaux :
– Il respecte les rapports esthétiques (de couleurs, de formes, nombre d’or, …)
– Il s’inscrit dans la maîtrise d’une technique au service d’un sujet (que nous appelons plus volontiers concept aujourd’hui).
– Il correspond à une énergie qui est créée par l’émotion et le cœur mis dans la création, par l’artiste.
Au fond, l’artiste créateur est un intermédiaire, une forme de médium de la vie qui est bien fragile.
Et puis dans tout ça, il y a la dimension du rêve ; le rêve, c’est un peu le cœur de l’artiste créateur. Mais il y a une grande différence entre le réel et le rêve de l’artiste, et cette grande différence, pour ne pas que cela devienne un malheur, l’artiste créateur cherche toujours à la combler, il cherche à combler tout ce qui manque.
En ce qui concerne le sujet, il doit être en lien avec le rêve de l’artiste. Le rêve, c’est la révélation, c’est le dialogue, c’est le « on » qui nous pense. C’est tout ce qui se manifeste de l’inconnu en nous. C’est l’invisible ; on peut le rêver, on peut le sentir, on peut l’entendre. Il suffit de faire silence et de prendre le temps d’écouter.. Le rêve, le dialogue, l’inspiration qui nous vient de l’invisible. Il faut bien le comprendre; la tâche est subtile. L’artiste doit dialoguer avec son rêve, et dans son dialogue, il doit se positionner, il doit exprimer au rêve son désir avec clarté. Il doit apporter sa conscience, ceci afin de s’extraire de ses propres schémas psychologiques qui pourraient lui être un piège et l’empêcher de se dépasser.
Le sujet vient à l’artiste créateur en deux temps. L’artiste reçoit l’élan vital, l’inspiration, alors vient le désir de créer. Dans ce deuxième temps, le désir de l’inspiration doit être conscientisé. Et c’est cette deuxième phase qui constitue le positionnement de l’artiste par le dialogue au rêve. Il est clé. L’artiste se sublimera (ou il s’enfermera), il se dépassera et se libèrera du moment qu’il aura réussi à synthétiser son inspiration avec absolument tout ce qui est présent dans sa vie, et particulièrement à cet instant bien précis, car absolument tout ce qui nous entoure intervient dans le processus créatif.
Ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est d’exprimer le réel, c’est-à-dire le domaine du vivant, le vivant en nous. En ça, l’être humain m’intéresse. Dans cette représentation, l’esthétisme est important, mais je dirais que le caractère l’est plus encore. Car je crois fondamentalement que nous sommes incarnés dans la matière par l’énergie qui nous a donné un corps. Et c’est l’énergie qui m’attire le plus dans cette existence. Ce qui m’intéresse, c’est de révéler l’énergie contenue dans les matières. Et c’est en cela que je suis intéressé à peindre selon l’inspiration du vivant.
Michael WOLKOF
Vevey, ce 29 juin 2023